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Haut-Badakhshan et Pamir

Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Obikhumbou, © L. Gigout, 2012
Rivière Obikhumbou.

Mardi 11 septembre. Levé tôt après une mauvaise nuit pour me rendre à l’endroit indiqué par Kamila d’où partent les 4x4 pour Khorog et d’autres destinations moins lointaines, j’arrive un peu avant huit heures. Une bonne vingtaine de chauffeurs et autant de voyageurs spéculent sur l’arrivée de nouveaux passagers, les premiers pour rentabiliser le voyage, les seconds pour pouvoir rapidement prendre la route. À peine débarqué du taxi, un type me harponne et me conduit à un chauffeur. Je tergiverse, dis au chauffeur que j’attends quelqu’un, essaye sans succès d’appeler Kamila. Curieux de ma présence, d’autres personnes viennent me voir. Tu ne peux pas aller dans le Pamir, me dit-on.
– Pourquoi ? J’ai un visa GBAO.
Les étrangers qui souhaitent se rendre dans la province tadjike autonome du Haut-Badakshan doivent s’être procurés un visa spécial. GBAO est l’abréviation pour Gorno-Badakhshan Autonomous Oblast, nom donné par les soviétiques à la province et qui lui est resté. Je sais qu’il y a eu des combats en juillet dernier à Khorog, la capitale de région, qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Cela a commencé avec le meurtre du chef de la sécurité et continué avec des combats entre l’opposition et l’armée. L’accès à la région a été interdit pour les étrangers. Le Haut-Badakhshan est connu pour être une région politiquement difficile pour l’État tadjik. Isolée et pauvre, elle a soutenu l’opposition islamiste pendant la guerre civile de 1992. La frontière avec l’Afghanistan est poreuse et le trafic de drogue n’arrange pas les choses.
– Il y a encore des affrontements ?
– Les combats ont cessé mais la région reste sous surveillance. Les touristes qui ont tenté de s’y rendre ont été refoulés au premier contrôle, ajoute quelqu’un. Le chauffeur te laissera au checkpoint et tu devras trouver un autre chauffeur pour le retour.
– Ok, no problem, dis-je. Je suis prêt à tenter le coup.
Chacun y va de son avis dans le groupe qui s’est formé autour de moi.
– Va plutôt à Kouliab, suggère une femme.

Je finis par avoir Kamila mais la ligne est mauvaise et je ne comprends rien à ce qu’elle raconte. Une histoire de cousin d’où il ressort que je ne peux pas voyager en sa compagnie. Que faire ? C’est alors que surviennent deux filles, blondes, attifées de vêtements locaux, sac de routard au dos. Elles discutent avec un chauffeur. Je vais voir de quoi il retourne. Il y a là un Pamiri qui se dit poète et qui s’offre de faciliter les choses. Les filles sont polonaises. Elles ont déjà tenté l’expédition la semaine dernière mais ont été refoulées. Elles doivent prendre l’avion du retour dans trois jours et tiennent absolument à se rendre à Ishkashim sans quoi leur voyage ne serait pas complet, estiment-elles. Je comprendrai plus tard que leur désir d’approcher la frontière afghane avait quelque chose à voir avec la représentation qu’elles se faisaient du montagnard afghan aux yeux verts, viril et fier, qui avait tenu en échec l’Armée Rouge. On leur a dit qu’après la fête de l’Indépendance la route serait rouverte et que si elles s’habillaient comme les femmes d’ici, peut-être passeraient-elles inaperçues. Passerais-je moi aussi inaperçu ? Les Polonaises en doutent. J’aperçois Kamila, prête à partir dans un autre véhicule. Non, insiste-t-elle, je ne peux décidément pas l’accompagner. Cela ne serait pas correct vis-à-vis de sa famille. Au terme de longs palabres avec les Polonaises, le poète et leur chauffeur, nous prenons la décision de partir ensemble. Mais tout d’abord, nous apprend-il, il doit se rendre au “KGB”, ainsi qu’on continue ici d’appeler les services spéciaux de la police locale. Il prend nos passeports et revient un long moment plus tard nous annoncer qu’il n’est pas possible de partir immédiatement. Aux coups de fils répétés qu’il passe sur son portable, je comprends qu’il estime le nombre de passagers insuffisant et qu’il temporise tout en s’assurant de notre présence. Et pour en être tout à fait sûr, il nous conduit dans un appartement où nous devrons l’attendre.

Onze heures. Je suis en compagnie des deux Polonaises dans cet appartement d’un quartier inconnu de la capitale. Salon avec une télé grand écran de marque coréenne, deux chambres, une cuisine en désordre, un cabinet de toilettes infect, une salle de bain crasseuse où l’eau ne coule qu’à certaines heures, l’appartement semble inoccupé. Nous attendons là deux heures, quatre heures. Personne ne se manifeste. Vers seize heures, je réussis à avoir au téléphone le poète qui me dit attendre des nouvelles du chauffeur. Les Polonaises somnolent, pelotonnées sur les fauteuils. Je sors faire un tour dans le quartier. Rien. Des blocs soviétiques. Le chauffeur et le poète, accompagnés d’un cousin, arriveront une heure plus tard, trop tard pour prendre la route. À sept heures, demain matin, nous partirons, promet le chauffeur. Le cousin prépare un dîner frugal, après quoi nous nous installons pour dormir.

Mercredi. Le chauffeur arrive à huit heures et il n’est pas pressé. Nous prenons le temps d’un petit déjeuner copieux avant d’embarquer. Au lieu de prendre immédiatement la route du Pamir, le chauffeur passe par différents endroits et finit par récupérer une passagère supplémentaire avant de retourner au point de départ de la veille. Il faudra attendre dix heures pour enfin quitter Douchanbé.

La route, tout d’abord fort convenable, devient calamiteuse dès que nous nous engageons dans la vallée de la rivière Khingob. Une piste de cailloux et de roches, pleines de trous et de bosses, serpenteuse. Mais Khush, notre chauffeur, est le virtuose de cette route. Les difficultés l’amusent. Il fonce à cent à l’heure, double tout ce qui traîne, salue les autres chauffeurs, téléphone sur son portable, grappille un grain de raisin, mord dans un morceau de pain, s’arrête parfois pour échanger quelques plaisanteries avec un ami. Il sait quand il faut faire halte le temps de se détendre, prendre une légère collation ou faire un petit somme. Ils ne sont pas tous comme lui et, à vouloir faire la route d’un seul trait, sans un autre chauffeur pour prendre le relais, sans vraie pause, certains y laissent leur vie et celle de leurs passagers. Khush nous gratifiera durant tout le voyage d’un vaste panorama de la musique tadjike issue de son lecteur MP3. Pour passer les checkpoints plus facilement, nous nous efforçons de prendre des apparences locales. Les Polonaise rajustent leur fichu et je mets la calotte ouzbèke offerte par le père de Nargiza. Au premier checkpoint, les militaires ne se donnent pas la peine de sortir de leur guérite. Au deuxième, un militaire tourne autour du véhicule, vérifie les papiers du chauffeur et nous laisse aller. Nous franchissons un col à 3 200 mètres. Paysages superbes, montagnes aux sommets enneigés, avant d’arriver à Qalaïkhum, sur la route qui longe la rivière Panj qui marque la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan. Nous croisons des militaires en armes, des vaches assoupies et des troupeaux de chèvres. Nouveau checkpoint. Cette fois, c’est la vraie frontière avec la province autonome du Haut-Badakhchan. Les militaires veulent voir nos passeports. Nous ne mouftons pas. Il y a des discussions entre leur chef, le chauffeur et le poète. Et sans doute un discret échange de bons procédés. Ils nous laissent aller.



Aperçu sonore de l'ambiance dans le véhicule.


Nous sommes passés ! L’ambiance dans la voiture s’en ressent. Le poète chante à tue-tête pour accompagner les chansons du MP3. « Home, we arrive home ! » s’exclame-t-il. La rivière s’est évasée pour former une sorte de bassin méandreux parsemé d’îles caillouteuses. Au checkpoint suivant, nouveau contrôle des passeports, nouvelles discussions. Khush prétend nous avoir tirés d’affaire en montrant aux militaires la carte d’un ministre tadjik. C’est maintenant toute la voiture qui chante. Au dernier checkpoint, ce sera juste un contrôle des papiers du chauffeur. Avant que la nuit étoilée ne s’installe, nous voyons de l’autre côté de la rivière Panj les villages afghans. Nous croisons beaucoup de camions chinois. Leurs chauffeurs sont les nouveaux forçats de la route qui sillonnent sans relâche cette inédite route de la soie avec pour cargaison, non plus des soieries élégantes et des porcelaines mais des tourniquettes et autres pistolets à gaufres. Nous arrivons à une heure du matin au Pamir Logde à Khorog. Huit dollars la nuit, des chambres spartiates, des toilettes communes. Situé à côté d’une salle de prière ismaélite, il est un peu trop à l’écart du centre à mon goût.



Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Yazgand, chaïkhana Lakaye, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Chaïkhana sur la route de Khorog, à Yazgand (ou Ezgand) dans la région de Tavildara, marche du Pamir.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Yazgand, chaïkhana Lakaye, © L. Gigout, 2012
Lakaye, le gérant, ravi de sa recette.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Yazgand, chaïkhana Lakaye, samovar, © L. Gigout, 2012
L'indispensable samovar.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Rushan, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchane nocturne dans une chaïkhana à l'entrée de Rushan.


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Khorog

Tadjikistan, Khorog, rivière Gunt, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Ville de Khorog, capitale du Haut-Badakhshan.

Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, © L. Gigout, 2012
Panonceau de l'époque soviétique à l'entrée de Khorog. Il arbore désormais le drapeau du Tadjikistan indépendant sur lequel figure une couronne entourée de sept étoiles. La couleur rouge représente l'unité de la nation, le blanc le coton et le vert la nature.
La ville s’étire le long du torrent aux bouillons glacés et sous un ciel limpide. Avec ses 28 000 habitants et à 2 200 m. d’altitude, la capitale de la région autonome du Gorno-Badakhchan est une enclave dans son enclave de hautes montagnes. Peu de circulation dans la rue Lénine et rares passants. Le marché où règne le troc est tranquille. Au fronton d’une usine fermée à la suite du départ des Russes, on peut encore lire un slogan où il est question de travail et de fierté. À l’entrée de l’agglomération, la statue de Lénine est toujours là pour nous souhaiter la bienvenue alors que, sur le versant de la montagne qui fait face à la ville, c’est une inscription géante peinte en blanc sur la roche qui proclame en anglais : « Welcome our Hazir iman ». Hazir imam, c’est l’Aga Khan, le chef spirituel et protecteur des Ismaéliens nizârites. Au temps de l’URSS, il était interdit de séjour. Quand il est venu à Khorog après l’Indépendance et la fin des hostilités pour y installer sa fondation, il a été accueilli comme un dieu vivant.

J’ai délaissé le peu confortable Pamir Lodge pour m’installer au Dehli Darbar, central, dans l’immeuble de la Fondation de l’Aga Khan et juste à côté du parc, un endroit idéal au bord de la rivière où prospèrent de grands peupliers. Le tour de la ville est vite fait. Rien d’exceptionnel mais je la trouve agréable. Les femmes portent la robe traditionnelle et parfois un simple fichu sur la tête. Je suis étonné d’entendre les jeunes collégiens parler un anglais très correct. Quand je les croise dans la rue, c’est souvent les filles les plus hardies. Elles me regardent et font un petit signe en souriant. Certaines n’hésitent pas à m’adresser la parole.

À quelques kilomètres de la ville se trouve le deuxième plus haut jardin botanique du monde. Une végétation décatie survit sur les 200 ha du site que personne ne vient visiter. Quand je suis arrivé en fin d’après midi, la porte était close. Quelques somonis au gardien m’ont permis d’entrer. Flore alpine et pommiers, cela sent l’automne et sa mélancolie. À l’autre bout du jardin se trouve une grande et belle propriété avec colonnes et un pavillon sur le côté. Alors que je m’approche, je suis interpellé par un gardien armé. Il s’agit de la datcha du Président qui doit venir dans quelques jours. Il me fait gentiment comprendre qu’il vaut mieux que je décampe. Je sors par une porte de service et gagne un promontoire d’où la vue sur la ville est saisissante avant de regagner la route en suivant laborieusement le cours d’un torrent infranchissable.



Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchane du Pamir Lodge. Remarquez la place de l'arbre.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchanes dans des jardins privés près du parc central de Khorog.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Dehli Darbar Hotel, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Derrière le Dehli Darbar Hotel.


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Do you tapchane ?


Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Savsangul, alias Sonya, sur le seuil de sa maison à Pish.


Dans le Parc central se trouve une petite cafeteria qui s’appelle Chorbor. Alors que je déjeune d’un plat de boulettes de viande accompagnées de frites molles, je vois arriver une fille aux longs cheveux bouclés dans lesquels une fleur est piquée. Son visage d’un ovale épanoui capte la lumière. Elle est habillée d’une robe longue à fleurs d’un vert de jade sur un pantalon assorti. Un rose léger colore ses lèvres. Elle prend place à une table avec ses amies en échangeant des plaisanteries. Regards. Elle a l’habitude de ça, qu’on la regarde, forcément, et ça ne la trouble guère. Un petit jeu qui dure jusqu’à ce que je me décide. Mais, devant elle, c’est moi qui suis troublé et qui bafouille :
– Excuse me, do you… tapchane ?
Elle ne comprend pas mais est étonnée de voir l’étranger planté devant elle dans cette ville à peine sortie des violences de cet été. Elle s’appelle Savsangul, ce qui signifie edelweiss dans sa langue. Je lui explique plus clairement le sens de ma démarche.
– Tu peux m’appeler Sonya si tu veux.
Elle prend mon numéro, me rappellera demain. Nous irons ensemble dans son village pour voir le tapchane de sa maison.

Il me semble avoir entendu des coups de feu vers six heures ce matin. Mais peut-être ai-je rêvé. Un SMS de Kamila m’apprend que les réseaux fonctionnent très mal dans son village. Cela doit vouloir dire qu’il serait vain de ma part d’essayer de la joindre. Par bonheur, la belle Sonya est là. Je la retrouve à midi et nous nous mettons en quête d’une marshrutka (minibus privé qui suit un itinéraire précis à des horaires fluctuants) pour nous rendre dans son village. Nous attendons longtemps car c’est samedi et les chauffeurs sont rares. Quand enfin il s’en présente un, nous sommes nombreux à nous précipiter. Je prends place à côté d’elle. Elle me fait signe de me rapprocher encore, tout contre elle. Sois sage, mon cœur, il s’agit juste de faire de la place pour tout le monde. Il n’empêche, ce n’est pas à Varzob que j’aurais vu ça. Nous attirons les regards. Elle, dont la beauté rayonne, et moi, l’étranger en âge d’être son père. Un type à l’air peu commode, installé dans le couloir du bus et plié en deux pour ne pas heurter le plafond, ne tarde pas à l’apostropher. Je ne comprends rien à leurs échanges mais, d’après les expressions, l’importun semble avoir pris à partie la jeune femme. Elle en rit, se défend et finit pas ignorer l’énergumène. Le type me regarde avec un air de défi. À un moment, il dégage le bas de son blouson pour montrer qu’il porte une arme. Mais cet imbécile ne réussira pas a gâcher ce voyage idyllique. Au bout d’une heure, nous arrivons à Pish, le village de Sonya. Je l’interroge au sujet de la discussion avec le type mais elle répond vaguement que ce n’est pas intéressant. Le village est planté dans une vallée étroite à 2 200 mètres, altitude modeste quand on parle du Pamir dont le point culminant, le pic Ismail Samani (l’ancien Pic du Communisme), culmine à 7 500 mètres. Entourées de jardins, les maisons occupent les espaces escarpés délimités par de petits cours d’eau. Sonya m’invite à la suivre dans cet environnement simple et bucolique. Elle est tellement jolie avec ses sourires et sa démarche quand elle évolue gracieusement dans les sentiers rocailleux. Nous arrivons à une première maison d’où jaillit une musique fortement amplifiée.
– Le mariage de mon cousin, me dit Sonya.

Plusieurs grands tapchanes ont été montés devant la maison. Une centaine d’invités sont installés sur les kurpachaho et les bolishho. La nourriture est abondante et variée, de même que les boissons disposées sur les plateaux. Il y a du plov, des salades, des frites, des ragoûts, du pain, des gâteaux, des bonbons, des jus d’argousier et d’églantier sauvage. Mais aussi des boissons plus discrètes telles que bière, cognac et vodka. Un groupe de musiciens joue des airs entraînants. Nous sommes invités à prendre place ensemble et on nous sert le plov. Faut-il préciser que c’est le meilleur plov que j’ai jamais savouré. Je fais des photos des tapchanes et des danseurs. On m’invite à me joindre à eux, ce que je fais sans barguigner. Sonya danse avec moi. Faut-il préciser que c’est la plus agréable danse que j’ai jamais dansée. Mais nous devons voir la maison de ses parents, située juste au dessus de celle de son oncle. Les maisons de la famille forment un village dans le village. La mère nous attendait. Les murs sont en dur, contrairement à la majorité des autres maisons qui sont souvent faites d’adobe. Ils sont peints en blanc dans leur partie supérieure et en bleu ou en bistre dans leur partie inférieure. Sur toute la longueur de la façade court une terrasse couverte fermée de rideaux brodés. Le toit est pentu, en légère surélévation pour laisser la place à des combles aérés. La maison est d’une simplicité et d’un dénuement émouvants.


Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Maman de Sonya sur la terrasse de sa maison.
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Vieux tapchane à côté de la maison.
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Mariage du cousin de Sonya.


Nous retournons au mariage. Je m’installe avec la famille et regarde Sonya que le plaisir de danser rend encore plus ravissante. Un homme de la famille m’offre une bière. Sonya se précipite et m’interdit de boire. Un tel emportement me laisse coi.
– But why ?
– That is how it is !
L’homme m’offre ensuite un verre de cognac. Alors que je suis sur le point de porter un toast, Sonya surgit à nouveau. Elle est formelle. Il est hors de question que je boive la moindre goutte d’alcool ici. Quel caractère ! Soit, je ne boirai pas d’alcool, mais je me plais ici et j’ai bien envie de faire durer le plaisir. Je me fiche bien de rentrer à Khorog. Sonya ne l’entend pas de cette oreille et décide qu’il est l’heure pour moi de repartir. Les marshrutka sont rares et il n’est pas question que je passe la nuit ici. Elle me raccompagne en bas du village où passe la route de Khorog et reste avec moi jusqu’à l’arrivée du minibus.




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Deux villages sur la route P45

Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Garam Chashma, © L. Gigout, 2012
Garam Chashma, la source d'eau chaude et l'accumulation de travertin.

La route est la même que celle qui conduit au village de Sonya. Une belle route, si l’on s’en tient aux villages de la vallée qui accueille la rivière Panj. Sentiment étrange que de voir cette bande de terre afghane qui appartient à un pays labouré par la guerre depuis trente ans. Cette partie de l’Afghanistan est peuplée de Tadjiks. Je pense au Che Guevara afghan, celui que ses compagnons appelaient le Lion du Panjshir, assassiné par des kamikazes d’Al-Qaïda, là-bas, au delà des montagnes que je peux voir. La comparaison semble pertinente car le révolutionnaire argentin était un des inspirateurs de Massoud. N’ont-ils pas par ailleurs un air de ressemblance, même barbe broussailleuse, l’un avec son béret, l’autre avec son pakol ? D’un côté de la rivière ou de l’autre, la campagne ne diffère guère. Pas de grande activité, quelques paysans qui vaquent à leurs travaux. De ce côté-là, les maisons et les routes ont l’air plus indigentes que celles de ce côté-ci. Les habitants des deux rives se connaissent-ils ? Se font-ils des signes de voisinage ? C’est une question que j’oublierai de poser. Troupeaux de chèvres noires. Dans les champs, le battage se fait à la main. Le blé est étalé en un grand cercle et les enfants font tourner quatre bœufs qui le piétinent pour séparer le grain des épis.

Rendu curieux par les Polonaises, j’ai décidé de me rendre moi aussi à Ishkashim. L’agglomération est coupée en deux par la rivière et par la frontière, un pont permettant de franchir l’une et l’autre. C’est l’un des rares postes frontières entre les deux pays, mais les narcotrafiquants préfèrent opérer dans des endroits plus discrets, en utilisant des pneus qu’ils tirent d’une rive à l’autre à l’aide de cordes. Le temps est couvert et il fait frais. Hormis son marché afghan, le village n’a rien d’exceptionnel. Je rencontre Gulsifat, une jolie brunette de 21 ans aux yeux verts qui, comme toutes les filles d’ici, s’efforce de faire des études, ambition difficile quand on doit par ailleurs participer aux tâches domestiques. Elle envisage de devenir enseignante. Son prénom signifie “aimable comme une fleur”. On trouve souvent, dans les prénoms féminins en Asie centrale, la racine gul (fleur) associée à un préfixe ou un suffixe. L’Asie centrale est un jardin fleuri. Elle m’invite à partager avec son frère Manuscher et l’ami de celui-ci une chorba, du pain et du thé. Ils m’offrent de la vodka mais sans en prendre eux-mêmes. Manuscher me prévient, c’est dimanche et je ne trouverai pas de bus pour le retour. Gulsefat me raccompagne et me dit que, si c’est le cas, je pourrai rester dormir à la maison.

Je trouve facilement un chauffeur pour me conduire à Garam Chashma, un village qui se trouve sur cette même route P45. À mi-chemin du trajet de retour à Khorog, il faut prendre une piste qui grimpe sur 8 km dans la montagne pour arriver à cet autre village. La première chose que l’on voit, c’est la proéminence de guimauve nacrée qui se trouve à l’entrée. Elle suinte d’eau et semble parcouru de spasmes sous l’effet des geysers d’eau chaude. Le lieu est réputé pour les bains dans cette eau sulfureuse qui guérit les maladies de peau, la goutte, les rhumatismes et les maux de tête chroniques. À côté de la source se trouvent un sanatorium avec un hôtel et un restaurant où je déjeune d’un plov au poulet. Je suis le seul client et la serveuse blonde s’ennuie. Je sillonne ensuite le village de long en large, attiré par le charme simple des habitations pamiri.


Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Garam Chashma, © L. Gigout, 2012
Maison avec fourrage à Garam Chashma.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Garam Chashma, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchanes à Garam Chashma.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Garam Chashma, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012


Le retour sera une autre paire de manches. Comme aucun véhicule ne circule, je rejoins la P45 à pied. La petite route est plaisante et sent bon le genièvre. Quand j’arrive au checkpoint de la route principale, des policiers me disent de patienter ici et m’offrent des pommes. Les passages sont rares. Parfois un automobiliste s’arrête et glisse aux policiers une poignée de cigarettes ou un sac en plastique au contenu mystérieux. Comme celui qui est arrivé à vive allure au volant d’un 4x4 et qui a freiné au dernier moment en faisant déraper son véhicule. Accolade avec les policiers. Il m’a semblé reconnaître Khush. Mais quand je l’ai interpellé, il m’a regardé méchamment et a dit quelque chose qui m’a paru désobligeant à l’égard de notre chauffeur.

Au bout d’une heure, un homme me rejoint. Il porte un gilet au dos duquel est dessiné le logo de l’Union européenne. Originaire du village d’à-côté, il travaille à Khorog pour le projet Focus financé par la CEE et dont l’objectif est de réduire la pauvreté et de maîtriser les risques naturels. Le chauffeur d’une Lada Niva finit par arriver et accepte de nous prendre en charge. C’est un jeune gars qui conduit comme un malade en donnant des coups de volant brusques sur cette route caillouteuse tout en lacets. Quand mon voisin lui dit de lever le pied, il se contente de rire. Je n’étais pas spécialement favorable à faire l’expérience d’un accident sur la P45, sachant que cette route est bordée d’un talus et d’un escarpement marqué qui plonge dans la rivière au cours torrentueux. Mais ce sont les imprévus dont il est agrémenté qui font le charme du voyage. Ou sa conclusion. Virage, talus, rocher, la Lada s’arrête dans un nuage de poussière. Elle ne repartira pas. Le choc a été rude et la robuste voiture a peu souffert mais l’axe de la roue avant droite est faussé. Nous avons eu de la chance. Si la sortie de route avait eu lieu de l’autre côté, nous aurions fini dans la rivière après avoir dévalé le ravin et mon voyage aurait trouvé sa conclusion ici-même. Une autre véhicule nous conduit Khorog. J’y retrouve un des hommes qui dansaient avec moi au mariage à Pish. Il revient de la deuxième journée de la fête et son élocution atteste que lui n’a pas fait l’objet d’une fatwa concernant la consommation de vodka.

Arrivé à Khorog, je me mets en quête d’un restaurant. Rien, c’est dimanche soir, tout est fermé. Les rues sont noires et peu éclairées. Il y a des policiers et des militaires à tous les carrefours. Des ouvriers sont encore occupés à suspendre de grands panneaux de bienvenue au Président et à repeindre les façades. Un Président qui arrive demain et qui doit être très apprécié ici si l’on en juge par les efforts déployés pour l’accueillir avec faste. On me demande mon passeport que j’ai laissé à l’hôtel. J’explique que j’aimerais bien dîner. On va m’accompagner, me dit-on, à un restaurant. J’ai beau dire que tout est fermé, on insiste. Mais on sera tout aussi incapable que moi de trouver une chaïkhana ouverte. Dans la petite épicerie près de mon hôtel, la patronne me fait un numéro de charme et se met à me chanter un tralala local. Je rentre à l’hôtel où le gardien me dit que ce n’est pas parce que la porte du restaurant est verrouillée que celui-ci est fermé. Je devrai partir demain matin, ajoute-t-il, car les clients associés à la visite du Président viennent prendre possession des lieux.



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Les Ismaéliens


Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Sobir, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Chez Sobir à Khorog.


L’ismaélisme est un mouvement révolutionnaire islamique soucieux d’agir à la fois dans les domaines religieux, intellectuel, politique et social. Né au 8e siècle et demeuré vivant jusqu’à l’époque actuelle, il est fondé, comme tous les mouvements chiites, sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu mais désigné par son prédécesseur. Il tire son nom d’Ismaël, fils aîné du sixième imam et héritier du titre, reconnu comme véritable septième imam alors que l’orthodoxie chiite, constatant le décès d’Ismaël avant celui de son père, supputèrent que l’imamat incombait dès lors au fils cadet. La réforme entreprise par l’ismaélisme vise, dans le domaine religieux, à faire triompher l’esprit sur la lettre et la vérité sur la loi, et dans le domaine intellectuel, à libérer l’esprit de tout ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner. L’élévation de la foi et de la pensée doit permettre que l’une et l’autre deviennent complémentaires dans la poursuite du même but : l’intégration complète de l’homme à l’existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en œuvre les idéaux supérieurs de l’Islam en matière d’égalité et de justice au profit de tous, qu’ils soient ou non musulmans. Il est regrettable que son véritable rôle politique ait pris fin après la chute de l’État fatimide. Néanmoins, l’ismaélisme reste un mouvement intellectuel qui contribue largement à la diffusion de la culture dans les pays de l’Islam. Les Ismaéliens sont présents dans vingt-cinq pays d’Asie, du Proche-Orient et d’Afrique. Ils se répartissent en différentes branches. C’est la branche nizârite que l’on trouve dans le Pamir.

La protection de l’Agha Khan n’est pas seulement spirituelle. Sa Fondation a créé à Khorog une université dont les exigences académiques et le programme d’études, le corps d’enseignants et d’étudiants, se veulent conformes aux normes internationales. L’enseignement est dispensé essentiellement en anglais. Le programme de maîtrise est centré sur le développement durable de la région. C’est pourquoi les étudiants pamiri peuvent faire de vraies études. Le mariage peut attendre l’âge de 25 ou 26 ans. Sonya prétend que les filles peuvent choisir leur mari mais pas les garçons leur épouse. Il y a là-dedans quelque chose d’inattendu qui me laisse perplexe. Les Pamiri aiment à marquer leur différence avec le reste du pays. Ils n’adhèrent ni à la culture tadjike ni à sa musique.

À Garam Chashma, Goulom m’invite à entrer pour me faire visiter sa maison. Une maison tout en symboles, comme celle de Sonya à Pish. Rien ici n’est disposé au hasard. La maison comporte un vestibule équipé d’une terrasse qui n’est pas sans rappeler le tapchane, où l’on peut dormir et manger durant les mois d’été, et une grande pièce carrée dont l’espace central est entouré de trois terrasses accolées aux murs et recouvertes de tapis. Ce sont des lieux de vie qui représentent les trois règnes de la nature : animal, minéral, végétal. Cinq piliers soutiennent la structure de poutres et le toit. Ils symbolisent tantôt les cinq membres de la famille d’Ali, les divinités zoroastriennes ou les cinq principes de l’Islam. Au centre du plafond se trouve une curieuse lucarne appelée chorkhona dont la conception incorpore quatre strates de cadres qui ont eux aussi une valeur symbolique car ils représentent respectivement la terre, l’eau, l’air et le feu, éléments sacrés du zoroastrisme. La poutre soutenant l’entrée est la plus importante. Elle est décorée de motifs représentant le soleil. Une coutume veut que si quelqu’un a une demande importante à formuler, il doit se placer sous le linteau et ne pas en bouger tant que le maître de maison n’a pas accédé à sa demande. Le portrait de l’Agha Khan figure en bonne place de même qu’un tableau comportant une inscription en arabe.



Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Goulom, maison pamiri, chorkhona, © L. Gigout, 2012
Lucarne appelée chorkhona au centre du plafond.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garam Chashma, Goulom, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Chez Goulom à Garam Chashma.
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Supplément photos

Supplément photos : Haut-Badakhshan


Sur la route M41 qui relie Douchanbé à la capitale du Haut-Badakhshan

Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Yazgand, Ezgand, Lakay, Khush, © L. Gigout, 2012
Pause déjeuner à proximité de Yazgand (ou Ezgand) dans la région de Tavildara, marche du Pamir. Lakaï, le gérant de la chaïkhana, le voyageur, Khush, le chauffeur et la voyageuse polonaise.(Septembre 2012 ainsi que les suivantes.)
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Tavildara, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Tavildara, Pamir, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Tavildara, chèvres, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Tavildara, Pamir, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Tavildara, apiculteur, © L. Gigout, 2012
L'apiculteur.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, © L. Gigout, 2012
Arrêt de bus, lieu non identifié sur le route M41.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, tapchane, tapshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, tapchane, tapshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, moto, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Kalaï Khum, © L. Gigout, 2012
Kalaï Khum est le point où la M41 rejoint la vallée de la rivière Panj qui marque la frontière entre Tadjikistan et Afghanistan.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Kalaï Khum, bouquetin, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Kalaï Khum, Panj, Afghanistan, © L. Gigout, 2012
Rivière Panj. Tadjikistan à gauche, Afghanistan à droite.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Rushan, © L. Gigout, 2012
Checkpoint à Rushan.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Rushan, Khorog, © L. Gigout, 2012
Entre Rushan et Khorog.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Rushan, Khorog, © L. Gigout, 2012



Khorog
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, © L. Gigout, 2012
Bienvenue à Khorog, capitale du Haut-Badakhshan.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, © L. Gigout, 2012
Panneau soviétique à l'entrée de la ville.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Pamir, roue persane, © L. Gigout, 2012
"Roue persane" dans la rivière Gunt.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, façade, © L. Gigout, 2012
Façade d'un immeuble soviétique.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Parc central, Serena, tapchane, tapshan, © L. Gigout, 2012
Tapchane dans la chaïkhana du Parc central (espace arrangé par Khorog Serena Hotel).
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, tapchane, tapshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Gunt, © L. Gigout, 2012
La rivière Gunt qui traverse la ville.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Gunt, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Gunt, © L. Gigout, 2012
Pont piétonnier sur la rivière Gunt.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Maison en construction.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Khorog, Pamir, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Intérieur pamiri chez Sobir.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Dans une chaïkhana.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, melons, © L. Gigout, 2012
La marchande de melon sur le marché
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, © L. Gigout, 2012
Porte d'un vieux véhicule militaire.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Porshinev, © L. Gigout, 2012
Dans la montagne, à proximité du village de Porshinev.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Shakhdara, Parc botanique, © L. Gigout, 2012
Rivière Shakhdara, route qui conduit au Parc botanique au sud de Khorog.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Khorog, Parc botanique, © L. Gigout, 2012
Montagnes vues du Parc botanique.



La danse de Savsangul dans son village de Pish
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Savsangul et sa maman dans leur maison.
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012
Les maisons de la famille.
Tadjikistan, Pish, Sonya, Savsangul, Pamir, Haut-Badakhshan, © L. Gigout, 2012



Festival de gypse et de geysers à Garmshashma
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012
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Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, gypse, geyser, © L. Gigout, 2012



Dans les villages de Garmshashma et de Ishkashim.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
À Garmshashma.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Petites installations ingénieuses pour la toilette.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Lucarne sur le toit.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
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Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
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Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
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Les chats aussi aiment les tapchanes !
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, tapchane, tapshan, © L. Gigout, 2012
Gulya.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
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Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, maison pamiri, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
Route de  Garmshashma à la P45.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Garmchashma, © L. Gigout, 2012
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Tapchane bleu chez Gulsefat à Ishkashim.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Ishkashim, © L. Gigout, 2012
À Ishkashim.
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Ishkashim, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Ishkashim, © L. Gigout, 2012
Tadjikistan, Haut-Badakhshan, Pamir, Ishkashim, © L. Gigout, 2012